NOTION DU CENTRE
Depuis qu’il a envoyé un crochet gauche au menton de la droite, le président du PDC Suisse se fait le chantre d’un nouveau concept qu’il juge salvateur. Après le centre commercial, le centre névralgique, urbain, médico-social ou balnéaire, c’est l’extrême centre politique qui fait son entrée dans le vocabulaire politico-médiatique.A voir l’importance que se donne l’éolien trouvère en prononçant son nouveau mantra, nul doute qu’il le place au centre du monde sous la forme d’un nombril lui permettant l’introspection amoureuse du ventre de la reconnaissance.Ce ventre, situé entre l’aile droite et l’aile gauche du poulet, sous le cœur mais au-dessus du bas-ventre, est le lieu où tout ce mélange, se macère, se dissout pour produire vents, courants et flatulences de sonorités et parfums divers. Sans ce ventre centré ou ce centre ventru, le volatile politique ne pourrait s’éventer. Il se ballonnerait et finirait par éclater, ne nous laissant plus que le choix entre l’aile ou la cuisse droite ou gauche.Voilà pourquoi il est vital que le centre ne produise que du vent.A chaque pet, il se dégonfle.Et à chaque fois qu’il se dégonfle, il se remet à nous pomper l’air pour arrondir sa forme, donc se faire des ronds en faisant un bide.Pour cela, le centre doit être aussi mou que MAB avant son régime matin, afin de pouvoir s’étendre sur les côtés, aussi vide qu’un réservoir en panne sèche et aussi extensible qu’un ballon à air chaud pour contenir un maximum d’éléments disparates.Ensuite, c’est la digestion de tout ce bric-à-brac idéologique qui fait sa force.Mais surtout, il doit être situé au-dessus du conduit d’évacuation, un orifice tristement célèbre mais ô combien nécessaire pour définir la finalité de l’organe rassembleur. Ce qui est incompréhensible, dans ce contexte, c’est que le président du centre mou ait demandé de retirer leurs balles aux soldats suisses pour éviter les trous.Ce qui tendrait à prouver que certains trous de balles font plus mal que d’autres. Le problème majeur que connaît le fameux centre, c’est qu’il est toujours forcé d’être au centre de quelque chose. En effet, s’il était au centre de rien du tout, il ne saurait pas qu’il est le centre, puisqu’au milieu du néant, il n’y a rien que le néant, qui n’est rien du tout.Donc, notre centre est forcé de se situer bien au milieu, comme le sexe féminin, entre la jambe droite et la jambe gauche du corps social, lieu privilégié où il offre son vide à toute poussée fertile. Cependant, à l’instar de certaines femmes de petite vertu, le centre n’a d’autre désir que d’écarter la droite et la gauche pour prendre toute la place. Il ne peut néanmoins se passer totalement de ses deux jambes, car après un séjour en l’air, il faut bien qu’elles retrouvent la terre, sans quoi le centre qu’elles bordent ne pourrait plus marcher vers des lendemains qui chantent. Essayez donc, pour voir, de faire avancer les choses lorsque vous vous êtes transformé en une sorte de cul de jatte politique. Quant à la hauteur, inutile de vouloir l’atteindre sans jambes, sans aile et sans cuisse. Tout ce que vous pouvez espérer, c’est de rester bien centré au raz des pâquerettes et de l’immobilité la plus totale.C’est comme en football : On voit mal le centre avant marquer des buts sans les passes que lui font l’ailier droit et l’ailier gauche. J’ose prétendre que la passe est au centre ce que l’intestin bovin est au cervelas, le nez à Couchepin, la mise en plis ratée à Widmer-Schlumpf et l’hibernation à Moritz Leuenberger.Ce qui est ennuyeux, avec ce fameux centre, c’est qu’il fait payer très cher les passes, alors que c’est lui qui en jouit. Les passes de gauche, il les fait payer à la droite et les passes de droite à la gauche, qui ne paye jamais, puisqu’elle est pauvre et qu’elle dépend de l’aide sociale. Et pourtant, pour une passe avec la gauche, le ventre mou se couche complaisamment dans le frais cresson, et c’est toute la droite qui se fait baiser, car le centre n’existe pas en soi. C’est un point géographique hypothétique qui se définit par rapport à ce qui est autour de lui. D’où l’abréviation habilement choisie : PDC, qui veut dire : Point de centre. Or, s’il n’est point de centre, il ne reste que le vide qui se remplit selon le principe des vases communicants à l’aide de la communication évasive.Voilà qui explique pourquoi le PDC communique autant pour dire qu’il n’a rien à dire, mais qu’il sait le dire modérément.En définitive, le centre est une sorte de trou noir qui aspire les idées, les cerveaux et les têtes qui vont avec en les évacuant sous forme de birchermüsli. Tout le monde aime le birchermüsli, car il permet de manger de tout en même temps sans avoir à faire de choix. Plus de problème d’identité, de couleur, de limites, car dans la tolérance du birchermüsli, tout ce confond, cohabite pacifiquement en frétillant dans la glu de la nouvelle fraternité.Et puis, c’est béton, le birchermüsli, dans l’estomac, ça vous emplâtre les entrailles à jamais en ayant la particularité d’avoir le même aspect à la sortie qu’à l’entrée.C’est merveilleux, car ainsi, on ne voit plus que le centre digestif n’a aucun sens, surtout quand il est tout retourné.Le centre ne souffle ni le chaud, ni le froid, il distille une agréable tiédeur et conserve jalousement son C chrétien pour éviter d’être vomi de la bouche du très haut.Il n’est donc ni pour ni contre l’avortement, ce qui en fait un défenseur des morts-vivants qui ne savent pas se décider non plus entre l’air libre et le tombeau. Au fond, si vous êtes PDC, vous êtes en même temps un vivant qui s’ignore et un mort qui gigote. Enveloppé d’une doucereuse odeur de faisandé, vous défendez vos lieux communs comme s’il s’agissait d’un caveau familial où d’une crèche bourrée du foin de vos bons sentiments.Vous décidant pour l’indécis, vous espérez que les autres décident à votre place.Choisissant le milieu extrême entre le oui et le non, vous êtes les chevaliers du peut-être bien, du ni pour ni contre, bien au contraire, ou de l’alternance des convictions : Une fois à droite, une fois à gauche.Assaisonné d’un peu de moutarde concordante et de mayonnaise collégiale, votre démarche qui n’en est pas une, vous permet d’avancer en restant sur place, d’innover en ne changeant rien et de réfléchir comme un miroir. Lui aussi est vide jusqu’à ce que quelqu’un s’approche depuis la droite ou la gauche pour lui donner un peu de couleur.Continuons donc, en tant qu’UDC, à peindre des tableaux aux couleurs de l’espoir, et laissons le PDC en vendre les pâles copies !

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02 Février 2008 à 19:43 dans
- Humour

