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UDC-Grandson

GAG

Selon Ségolène Royal,

le préservatif représentera désormais, en lieu et place de la rose, le premier parti de gauche de France.

Les socialistes estiment que le préservatif reflète mieux l'image actuelle du PS.

En effet, le préservatif tolère l'inflation, vide les bourses, ralentit la production, détruit la prochaine génération, et, surtout, protège les glands.

En outre, il vous donne un sentiment de sécurité alors que vous vous faites baiser.


Le Blocher émissaire

Avez-vous eu quelques problèmes de digestion hier soir? Peut-être même des flatulences? Ne cherchez plus la raison. C'est uniquement à cause des maux de ventre de Christoph Blocher. Le kébab est-il reste coincé dans votre gorge? C'est uniquement parce que Blocher n'a pas su tenir sa langue à Ankara. Vous avez des problèmes d'ouïe? C'est aussi la faute à Blocher parce qu'il a remis en question l'aide au développement devant des oreilles bien ouvertes mais qui, par la suite, se faisaient sourdes. Qu'on le veuille ou non: maux de tête, de dos ou de ventre, faillite ou licenciement, grêle ou chutes de pierres, il y a toujours un Blocher derrière, un Blocher qui fait trop souvent ou trop rarement ceci ou cela, qui n'a pas assez contribué à ceci ou trop contribué à cela.

Vous avez le rhume? C'est parce que Blocher souffle le chaud et le froid.

Vous avez peur dans le noir? C'est à cause de Blocher, ce diabolique.

Votre femme vous trompe? Vous savez désormais avec qui.

Qui veut privatiser le frigo du logement collectif? Enlever la complaisance aux mariages? Lever le voile islamique et étanchéifier le pays? Qui veut renvoyer des malfaiteurs tellement innocents dans des régions en crise et expulser des maris criminels? Toujours lui. C'est toujours lui la faute, quoi qu'il dise et quoiqu'il fasse. Quand ça tourne mal, c'est à cause de Blocher.

Si Blocher se tait, il aurait dû parler, s'il parle, il aurait mieux fait d'observer le silence. S'il dit la vérité, il n'est pas collégial. S'il est collégial, on l'accuse de mentir et d'être un hypocrite. Et sa femme passe à la même moulinette: lorsqu'elle se manifeste, c'est elle qui porte le pantalon et son mari doit obéir; si elle reste discrètement à l'arrière-plan, elle n'est plus qu'une mammeli possédant juste quatre neurones (un par plaque de cuisinière).

Mais ce que Christoph Blocher veut vraiment, ce qu'il défend, personne ne tient trop à le savoir, on s'en moque finalement. Et pourquoi donc? C'est simple: Christoph Blocher est l'unique politicien suisse qui sait ce qu'il fait, qui fait ce qu'il dit et qui dit ce qu'il veut. La preuve est vite faite: on reproche à la grande majorité des élus politiques de ne pas tenir leurs promesses électorales. Chez Christoph Blocher, c'est juste l'inverse: on lui en veut parce qu'il fait ce qu'il a promis.

Bref, c'est un homme impossible, une véritable menace pour le système. Pensez donc, un politicien qui fait ce qu'il dit. C'est la fin de la Suisse. Mais le problème, c'est que tous les adversaires vendus et copinés de Christoph Blocher sont incapables, en raison de leur propres incohérences, de comprendre le contenu de la politique de cet homme. C'est inévitable: quand on fait du slalom à côté d'un descendeur, on se fait forcément dépasser et on doit se contenter de faire de petits virages sur la trace du descendeur en émettant des commentaires dépréciatifs.

On ne gagne pas de l'altitude en croyant que la tour de l'église se limite à la girouette. Et Christoph Blocher sait quelle direction prendre, même sans girouette. Ou, plutôt, il connaît la direction parce qu'il sait qu'une girouette se dirige vers n'importe où. Lui, il préfère se diriger vers la pointe de la tour qui indique la seule direction qu'il est digne de choisir: celle qui se dirige vers le haut.

Empêtrés dans leurs inconséquences, les adversaires de Blocher n'osent pas l'attaquer sur le fond. Ce serait trop dangereux. Ils tentent donc de l'achever par la forme. On les comprend. La forme se détache si facilement du fond, elle se laisse développer, arranger, retourner, échanger, falsifier, en un mot rien n'est plus facile à déformer que la forme. Surtout quand de nombreux alliés attendent complaisamment dans toutes les rédactions de Suisse.

Avec un plaisir non dissimulé tous les gribouilleurs de la Nation s'efforcent de peindre de Christoph Blocher un portrait à la Dorian Gray qu'ils peuvent ensuite couvrir tous les jours de boues et d'ordures sous la forme d'insultes, de diffamations et d'atteintes à l'honneur. Les tableaux sont patients. Si Christoph Blocher se gratte la tête, il a fait un salut hitlérien; s'il enfonce un doigt dans le nez, il est le laquais de l'industrie pétrolière; s'il ne défile pas avec les partisans des Hezbollah sur la place fédérale, il est un ennemi des musulmans; s'il donne la main à un arabe, il est un antisémite.

Le quotidien de Christoph Blocher est semé de mines formelles. Chaque froncement de sourcils, chaque mouvement des lèvres, chaque battement des paupières est observé, interprété et soulève immédiatement un torrent de protestations. Même les courants électriques de son cerveau sont analysés par des encéphalogrammes journalistiques: il n'a peut-être pas dit que les Africains étaient des paresseux, mais il l'a très certainement pensé!

Christoph Blocher est devenu une sorte d'icône négative des médias, bref le bouc émissaire idéal. Pensez donc, un homme qui avait du succès et beaucoup d'argent avant d'entrer en politique. C'est forcément suspect. Car il ne fait pas de la politique pour s'enrichir, ni pour augmenter sa puissance – une fortune de plusieurs milliards représente tout de même un peu plus de pouvoir que la participation aux jeux des sept nains et naines. Cet homme est suspect parce qu'il ne correspond à aucune catégorie, parce qu'il ose agir spontanément et indépendamment. "Il n'est pas collégial, il est incapable de travailler en équipe", hurle la meute et croit ainsi avoir expliqué ce qu'elle est de toute manière incapable de comprendre.

Christoph Blocher est-il si dangereux parce qu'il est libre? Parce qu'il pourrait fort bien envoyer promener tout le monde et jouir tranquillement de sa fortune au lieu de se battre contre des mesquineries politiques? Christoph Blocher est-il si mal compris parce qu'il refuse résolument de sacrifier à l'air du temps, parce que l'air du temps passe sur lui sans l'affecter?

Dans un monde qui doit sacrifier au mensonge parce qu'il a perdu son sens, un homme comme Christoph Blocher détonne douloureusement. Du moins pour celles et ceux qui cherchent à gouverner en uniformisant et en nivelant par le bas.

On reproche à Christoph Blocher de provoquer. Il n'aurait pas dû faire cela, pas ici et pas maintenant – mais la véritable provocation ne réside pas dans ces escarmouches superficielles, mais dans le sens profond de ce qui est dit. Christoph Blocher ose dire les choses telles qu'elles sont et comme la vérité est toujours provocatrice, il devient provocateur – par amour de la vérité.

Les mensonges passent généralement fort bien en politique. Ils endorment et bercent agréablement en faisant miroiter une fausse sécurité. La vérité, en revanche, éveille les esprits fatigués, secoue les membres mous, car la vérité implique la responsabilité qui à son tour incite à l'action. Oui, Christoph Blocher veut des débats, il les veut vifs, ouverts, larges. Il ne veut pas de mauvais compromis conclus en cachette pour étouffer le débat avant qu'il ne s'ouvre. Mais gare à celui par qui le scandale arrive parce qu'il a dit la vérité. Il sera poursuivi par les Erinyes comme autrefois Orphée, un aigle dévorera nuit après nuit son foie, il se perdra seul dans le désert glacial pendant que tous les autres autour de lui se nourrissent des mirages d'oasis riches et fertiles.

La punition personnelle de Christoph Blocher pour trop aimer la vérité est d'être couvert de saletés par lesquelles les médias tentent de dissimuler son humanité. Même si ces saletés ne restent pas collées, même si Christoph Blocher s'en débarrasse d'un simple mouvement, elles le poursuivent, comme les Erinyes toutes dents et griffes dehors. Mais en réalité, Christoph Blocher n'est jamais vraiment à l'endroit où lui sont jetées ces saletés, car il est toujours en avance, porté par une grande idée; il n'apparaît jamais à l'endroit et dans la forme qu'on attendait.

Voilà pourquoi la haine de ces moucherons et moustiques qui dansent autour de cette lumière et tentent de l'étouffer par leur nombre. Est-ce la faute de Christoph Blocher si ces insectes se brûlent régulièrement les ailes et disparaissent dans le néant? Christoph Blocher semble être condamné à marcher comme un loup solitaire dans la jungle des illusions entretenues par la politique et les médias. Mais voilà, il faut bien que quelqu'un fasse le loup dans une pièce de théâtre composée surtout de moutons bêlants.

 (Suite)